Quel avenir pour la technologie 3D dans le monde dentaire ?

Sur: Wednesday, October 2, 2019

La fabrication additive conquiert de plus en plus de secteurs d’activités, offrant de nouvelles méthodes de conception et de fabrication améliorant ainsi les coûts de production, de prototypage, de personnalisation et de délais de fabrication et livraison.

 

L’impression 3D offre de nouvelles possibilités dans nombres d’applications : les guides chirurgicaux, les gouttières, les couronnes et les dentiers. La technologie 3D offre une précision allant jusqu’à 10 microns.

Elle révolutionne le monde du dentaire, notamment par ses nombreuses technologies, notamment le scanners 3D et les imprimantes 3D (stéréolithographie et frittage métal).

 

Quelles applications pour quels métiers ?

 

Traditionnellement l’activité dentaire s’organise de la façon suivante :

 

oragnisation-trad-dentaire

 

Le temps de traitement entre le 1er rdv du patient chez le dentiste et la pose définitive du dispositif médical est long et coûteux. Le travail du prothésiste est manuel et réalisé à l’œil et au toucher. La tolérance de frottement inter-arcade avoisine les 15 microns. Le travail du prothésiste peut manquer de précision et nécessiter des ajustements (échanges entre le dentiste et le prothésiste. Le patient devra revenir pour essayer le dispositif avant une pose définitive.

Le process de fabrication peut donc prendre des jours voire des semaines.

 

Grâce à la 3D, l’activité dentaire pourra être simplifiée comme suit :

 

nouvelle-organisation-dentaire-avec-3d

 

Les avantages de la 3D :

  • Dématérialisation complète du process de production : plus besoin de faire revenir le patient au cabinet, puisque ses empreintes dentaires sont stockées numériquement chez le dentiste et/ou chez le prothésiste.
  • Donc un process plus rapide
  • Et un process moins couteux : plus besoin de matière 1ere pour réaliser des empreintes. L’empreinte n’étant plus en plâtre elle ne pourra être altérée

 

Quelles technologies et quels matériels peuvent entrer dans le process de fabrication des dispositifs médicaux ?

 

La technologie FDM ou communément appelée Dépôt de Matière Fondue

Principaux avantages : coûts moindres, absence de post-traitement lourd et temps de réalisation réduit
Principaux inconvénients : peu précis, matière non-biocompatible et temps d’impression relativement long

Le FDM sera généralement utilisé pour imprimer des modèles dentaires pour thermoformer des gouttières.

Toutefois, la gamme de filament 3D s’étant élargie, vous pourrez imprimer du PEEK (un matériel haute température, léger, très résistant et biocompatible), qui s’imprime sur des imprimantes haute performance, comme la FUNMAT HT de INTAMSYS par exemple.

 

La technologie par photopolymérisation en stéréolithographie (ou résine)

Avantages : grande précision et résolution, matériaux biocompatibles et temps de fabrication réduit

Les impressions 3D en résine, vous permettent de créer davantage de dispositifs médicaux : des guides chirurgicaux, couronnes ou bridges provisoires, mais aussi imprimer de la résine calcinable pour réaliser des stellites.

 

L'impression 3D métal (SLS ou Frittage Laser)

Avantages : coûts de fabrication moins élevés qu’en usinage
Inconvénients : le prix de la production de pièces en métal est élevé et peut nécessiter un post-traitement important. Le temps d’impression 3D métal est plus long que l’usinage

 

Quels sont les avantages d'intégrer la 3D dans vos processus de fabrication ?

 

En plus de rendre plus précis et de réduire vos délais de fabrication, toute la chaîne de fabrication, de la prise d’empreintes à la réalisation d’un dispositif médical dentaire s’en trouve dématérialisée.

Une gestion dématérialisée vous permet de ne faire venir le patient qu’une fois. On remplace l’empreinte physique par une empreinte numérique réalisée par le dentiste dans son cabinet grâce à un scanner intra-oral (prise d’empreintes dentaires du patient en temps réel).

Ce fichier, sera, par la suite, envoyé au laboratoire dentaire dans un simple e-mail ou bien via une plateforme internet sécurisée. Le laboratoire récupère et exploite le fichier 3D reçu et réalise son modelage via un logiciel de conception assistée par ordinateur. S’il a besoin, il pourra échanger avec le dentiste en direct, puisque chacun d’eux aura en sa possession l’empreinte dentaire du patient, mais aussi l’accès au travail de CAO réalisé par le prothésiste. Ensemble ils valideront la forme du dispositif dentaire.

Le fichier 3D réalisé par le prothésiste peut être envoyé directement à une usineuse ou bien à une imprimante 3D. Une fois la fabrication achevée, le laboratoire renvoie les dispositifs au dentiste qui n’aura plus qu’à le poser dans la bouche du patient.

Si toutefois, cet essai n’est pas concluant, le dentiste n’a plus besoin de reprendre l’empreinte. Un nouveau dispositif peut être élaboré dans un laps de temps court, puisque l’empreinte du patient est stockée informatiquement, le travail du prothésiste également, il n’a plus qu’à le retravailler après avis du dentiste.

S’il le souhaite, le dentiste à la possibilité d’internaliser l’ensemble du process de fabrication : il ne fait plus appel à un laboratoire, mais réalise lui-même, les dispositifs dentaires les plus simples avec une usineuse ou une imprimante 3D.

Les avantages de cette nouvelle méthode de travail ? Les échanges entre patients, dentistes et laboratoires sont réduits, les dispositifs dentaires ajustés au micron et les délais raccourcis.

Principal obstacle à ce nouveau mode de fabrication : la maîtrise des logiciels de CAO.

N’oublions pas également qu’en plus du temps de formation, ces professionnels devront réorganiser leur lieu et mode de travail.

De plus en plus de laboratoires en France sont équipés de scanners 3D (non intra-oral) pour scanner les empreintes traditionnelles en plâtre et travailler sur un fichier 3D sur ordinateur, qu’ils exploitent ensuite via une usineuse numérique ou une imprimante 3D.

L’avenir de la technologie 3D alliée au savoir-faire du monde dentaire semble prometteur.